jeudi 16 juillet 2015

Une promenade à New Bedford au XIXè siècle

C'est la même chose chaque année. L'été arrivé, l'envie de lire des récits se situant le plus loin possible des nécessités quotidiennes me prend. Nécessités quotidiennes coïncidant avec les "classiques" de collège et avec mon manuel de code de la route que je suis censée éplucher actuellement au lieu de...lire en anglais le Moby-Dick de Herman Melville.

Je n'avais aucune envie de lire en français, en plus il fait franchement froid à New Bedford au bord de l'Océan, alors que je crève de chaud ici, au bord de la Méditerranée, et enfin la chasse à la baleine du XIXè paraît si exotique en 2015. Et comme je ne ferai pas ma touriste cette été, je me promène à travers les pages de  Moby-Dick et les rues de cette ville portuaire où Melville situe le début de son récit
La promenade avait pourtant mal commencé, car après avoir lu deux romans américains contemporains, je n'avançais qu'avec beaucoup de peine à travers les longues phrases de Melville (il a la fâcheuse propension à introduire de nouveaux mots toutes les trois lignes et l'ordre des mots diffère grandement de celui que j'ai appris en écoutant les répliques de Don Johnson dans Miami Vice). Mais à force de m'obstiner et de m'accrocher à un mince fil de sens constamment menacé d'être rompu par le poids d'un vocabulaire maritime exubérant, j'arrive enfin à prendre quelque plaisir à ce voyage et aujourd'hui justement je suis tombée sur une description du port de New Bedford qui m'a bien amusée:
"In thoroughfares nigh the docks, any considerable seaport will frequently offer to view the queerest looking nondescripts from foreign parts. Even in Broadway and Chestnut streets, Mediterranean mariners will sometimes jostle the affrighted ladies. Regent street is not unknown to Lascars and Malays; and at Bombay, in the Apollo Green, live Yankees have often scared the natives. But New Bedford beats all Water street and Wapping. In these last-mentioned haunts you see only sailors; but in New Bedford, actual cannibals stand chatting at street corners; savages outright; many of whom yet carry on their bones unholy flesh. It makes a stranger stare."
Je ne sais pas ce que les critiques de l'orientalisme (ou de quelque autre courant dans le sillon du post-colonialisme) font de ce passage, mais j'ai été bien amusée de voir les cannibales bavarder dans les rues d'un port de Massachusetts, spectacle un poil plus extravagant que les marins américains à Bombay. En même temps, impossible d'échapper au français, avec ces Lascars de Regent street. Eh oui, nous avons les mêmes en français et à l'origine le mot désignait les matelots naviguant dans l'Océan indien. Finalement, pas si éloignés que ça, ces thèmes  baleiniers. 



Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire